L’efficacité de la Supply Chain représente un enjeu majeur pour toutes les entreprises, et la performance des approvisionnements la conditionne en bonne partie. Pour contrôler cette performance et identifier les leviers d’amélioration, la mesure clé est le taux de service fournisseur. Cet indice mesure de façon globale le niveau de service – la tenue des délais, des coûts et de la qualité. Mais pour le faire progresser, il faut s’intéresser de près aux indicateurs qui le composent. Voici les quatre plus importants.

Taux de service fournisseur - KPI

L’OTD (On Time Delivery) : l’incontournable !

Traduit en français par fiabilité des livraisons, l’OTD est tout simplement indispensable. Il mesure sur une période donnée, que l’entreprise définit elle-même, le pourcentage de livraisons effectuées en temps et en heure, par rapport au nombre total de commandes effectuées.

La valeur obtenue de l’OTD permet de comparer la performance de sa supply chain par rapport à un concurrent du même secteur d’activité – tant il est vrai que l’on n’est pas « bon » ou « mauvais » dans l’absolu… mais meilleur ou pire que les autres ! A titre d’exemple, l’OTD moyen dans le secteur aéronautique est de 50-60 % et plutôt de l’ordre de 80-90% dans le textile.

L’OTD est souvent suivi par fournisseur, mais il peut également concerner le suivi de toute une famille de fournisseurs d’une même classe de produits, ou d’une même région géographique, ou encore par valeur des commandes, etc. Il n’y a pas de limites à l’analyse, et l’évolution de l’OTD trouve facilement sa place sous forme de tableaux de bord et de graphiques qui mettent en évidence ses variations et les franchissements de seuils.

Point clé évidemment : la qualité des données ! Celle-ci dépend à la fois de l’entrée effective des informations par les différents acteurs de la chaîne, mais aussi de la fluidité de leur circulation, et de leur mise à disposition sous des formats faciles à intégrer dans les logiciels d’analyse.

L’On Time In Full : un pas plus loin dans l’analyse

L’On Time In Full – OTIF repose sur les mêmes données que l’OTD, mais intègre aussi la réalité des quantités livrées, pour vérifier qu’elles sont conformes à la demande. La valeur obtenue est donc par définition inférieure ou égale à celle de l’OTD, l’objectif étant qu’elle s’en rapproche le plus possible.

L’OTIF permet donc de mesurer la capacité d’un fournisseur, ou d’une catégorie d’entre eux, à pouvoir livrer le bon produit, au bon niveau de qualité, au bon endroit, au bon moment, et dans la quantité exacte commandée. De nombreux responsables logistiques le considèrent d’ailleurs comme l’indicateur le plus important à suivre, parce qu’il correspond à la vision du client quant à la livraison.

La profondeur de retard : un indicateur à vocation qualitative

Allons encore plus loin avec un troisième indicateur à surveiller. Cette fois, pas d’acronyme mais deux appellations possibles : la profondeur de retard ou le retard moyen. Il est obtenu en divisant la somme des jours de retard (différence entre la date de livraison convenue avec le fournisseur et la réception effective du produit) constatés pour l’ensemble des commandes passées sur une période donnée, par le nombre de ces commandes.

Surveiller cet indicateur permet de visualiser les éventuelles dérives d’un fournisseur, d’en comparer plusieurs sur le même type de livrables, voire d’en dresser une typologie selon leur fiabilité en la matière.

En agissant pour améliorer cet indicateur, le responsable des approvisionnements impacte positivement toute la supply chain : les lignes de production, mais aussi les ventes, le marketing, le SAV, le département expédition, la facturation…

Les (re)négociations fournisseur : à surveiller aussi

Nous terminons ce tour d’horizon avec un KPI moins attendu : il s’agit du nombre de renégociations et de modifications réalisées par un fournisseur sur les termes de la commande initiale.

Car il y a bien une différence entre le fournisseur qui accepte la commande telle que l’entreprise la passe en fonction de ses attentes opérationnelles (coûts, délais, qualité), et celui qui renégocie les termes de la commande, notamment sur les échéances de livraison demandées ou les quantités.

Vaut-t-il mieux travailler avec un fournisseur qui a quelques jours de retard moyen sur des commandes exécutées sans renégociations ? Ou bien avec son concurrent, qui présentera un résultat plus flatteur sur l’axe du retard moyen, mais qui se sera éloigné des attentes initiales du donneur d’ordres ?

Il n’y a pas de réponse unique à cette question. Car comme pour tous les indicateurs suivis par les responsables Supply Chain, qui contribuent à moduler le taux de service fournisseur, leur amélioration a un coût. Jusqu’où est-on prêt à aller pour, par exemple, passer de 80 à 85 % de TSF ? Et sur quel indicateur faut-il appuyer pour l’obtenir ?

Garbage in, garbage out : il faut des données fiables et faciles à partager

Les indices les plus sophistiqués ne valent que par la qualité des données qui les nourrissent. Ils n’ont aucune valeur si les datas ne sont pas de qualité, et si elles ne circulent pas correctement entre les différents acteurs impliqués. Ajoutons à cela qu’elles doivent être mises à jour régulièrement, voire idéalement en temps réel.

Mais les opérationnels ne doivent pas non plus être submergés par l’information, au risque de ne plus détecter les plus importantes !

C’est bien la raison d’être de solutions collaboratives qui permettent de simplifier et de structurer la récupération des informations nécessaires à la construction de ces différents indicateurs. Une solution comme Winddle, permet notamment de « connecter » facilement l’ensemble des parties prenantes, les différentes équipes en interne, des approvisionnements à la logistique, en passant par la qualité, ainsi que les partenaires externes, que ce soient les fournisseurs ou les transporteurs/transitaires. Ceux-ci peuvent partager simplement les informations liées à l’éxécution opérationnelle des flux Supply Chain.

Les indicateurs sont ainsi nourris par des données structurées et harmonisées, dans la forme (informatique) et sur le fond (informatif). Les responsables métiers peuvent alors « nativement » capitaliser sur ces données, se concentrer sur des actions stratégiques et le pilotage des plans d’actions qui en découlent.

Enfin, la disponibilité des données facilite la construction d’autres indicateurs spécifiques à certaines activités. Avec une plateforme logicielle suffisamment ouverte sur les autres outils métiers, le professionnel n’a plus que son imagination comme limite !